Cela commença peut-être par un murmure dans un désert de blancheur, le dépit maladif d’un corps brisé, bercé par le froid et lançant sa plainte futile au vent fugace…

Ne savez-vous pas que dieu se meurt ?

Il se peut que dans les ignobles cachots de quelque inquisition surhumaine, un esprit se soit égaré, non par l’acier tranchant ni le nerf rongeur, mais par une plus profonde blessure…

Ne savez-vous pas que dieu se meurt ?… Se meurt ?…

Peut-être quelque martyr mutilé s’est-il redressé sur sa croix pour lever la tête et crier vers les cieux…

Seigneur, pourquoi m’as tu abandonné ?

Et jamais il ne reçut de réponse. Ce fut la trahison ultime, l’immaculé blasphème…

On ne vous là jamais dit ?
Il paraît que dieu est mort.


Il se peut que sur l’autel de quelque messe satanique, la victime sacrifié agonise, enchaînée à la pierre, tendue par la souffrance. La dague qui déchire tendons et ligaments n'épargne que la conscience à vif.

...Pourquoi prier encore ?
Ne sais-tu pas que dieu est mort ?